L’objet du désir
- Thème : business model
- Par Marc à 12:04
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De nombreux créateurs d’applications en ligne sur la planète sont à la recherche de l’application phare, la killer app comme on dit.
Au départ, pour le grand public, c’est le mail qui a été la killer app et qui a fait décoller l’usage d’Internet dans les foyers, puis sont venus les moteurs de recherche et bien sûr le commerce en ligne. Aujourd’hui, les possibilités des applications en ligne restent mal connues du grand public. S’il partage déjà ses photos et fait des affaires dans les ventes privées, “monsieur tout le monde” s’interroge encore sur l’usage qu’on peut faire de Facebook et, si on en croit les statistiques, est loin d’avoir pris l’habitude de taper son courrier dans Google Documents. Ces services d’un nouveau type ne sont d’ailleurs pas toujours identifiés comme des applications.
Faute de voir émerger clairement la nouvelle killer app qui plaira à tous, la tendance est aux créneaux de niche et au développement d’applications autour de domaines comme la mobilité, où le progrès technologique rend enfin crédible de nouveaux usages (voir la tendance Iphone par exemple, la géolocalisation, etc…).
Si la twitter mania est encore aujourd’hui du domaine des early adopters, y a-t-il des exemples d’applications un peu moins geek qui démontrent un pouvoir d’attraction significatif ? De la même façon qu’aujourd’hui presque personne ne saurait se passer de sa boîte mail, certains commencent à être accros à leurs “ventes en cours” sur ebay et ne peuvent plus se passer de leur réseau social hyper-ciblé préféré.
Observons quelques uns de ces mécanismes :
* Prenons l’exemple de ebay. Pour ceux qui ont passé le cap et se sont transformés en vendeurs (ce sont eux les clients d’ebay, ceux qui paient des frais d’insertion et des commissions), il y a une certaine jubilation à suivre en direct l’intérêt suscité par ses ventes en cours. Préparation de l’annonce, visualisation en direct du nombre de fois où la description de l’objet a été vue et du nombre de personnes qui ont mis l’objet dans leurs affaires à suivre, progrès de vos enchères. Totalement addictif (c’est français comme mot ?), surtout qu’une enchère est un jeu où le prix peut s’envoler parfois très au-delà de vos espérances.
Ici, quelques ingrédients clés : l’espoir du gain bien sûr, l’attente et l’observation en temps réel et un coût masqué par l’espoir d’un gain inespéré en d’autres circonstances (se lever à 5 heures du matin pour installer votre stand de brocante dans la brume, ça vous dit vraiment ?).
* Autre exemple, plutôt anglo-saxon à cette heure mais significatif : le réseau social hyper-ciblé. Prenons ravelry, un réseau de passionné(e)s de tricot et crochet créé mi-2007 par une start-up américaine. Ringard, pensez-vous (après nous avoir bassiné avec ses recettes de cuisine pour le week-end, voilà qu’il nous parle chiffons !). Pourtant, la liste d’attente pour s’y inscrire au service (en beta) grossit en ce moment de plus de 500 personnes par jour. Pas mal. Et cette attente est-elle même addictive : vous pouvez à tout moment et sans modération consulter votre place dans la liste d’attente et passer en boucle la video des fonctionnalités.
Là encore, l’attente et l’observation en temps réel jouent un rôle.
Finalement, au lieu de chercher la nouvelle killer app, ne vaut-il pas mieux travailler en priorité ce qui rendra votre application grand public “addictive” et vos prospects impatients de l’utiliser ?
Certains jouent d’ailleurs pleinement la carte du teasing comme 37signals avec la preview périodique de leurs futurs services.
Moi j’y pense très sérieusement. Et vous ?

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