Argent : où placer sa trésorerie courante ?
- Thème : entrepreneur
- Par Marc à 13:51
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Il y a en ce moment de nombreuses des offres de placement monétaires en euros sans risques qui, utilisées intelligemment et avec réactivité, peuvent booster la rémunération moyenne de vos liquidités.
En ce qui me concerne, depuis 6 mois, j’ai fait progresser de 25% les intérêts mensuels que je perçois grâce à une gestion plus active. Protéger son capital de l’inflation et compenser la perte de pouvoir d’achat devrait vous intéresser.
Le constat (que tout le monde peut faire) est qu’il serait dommage de ne pas profiter au maximum de la concurrence que se livrent les banques, traditionnelles ou en ligne. La gestion des comptes via Internet, proposée partout, permet une gestion assez réactive pour un particulier, même si vous avez multiplié les comptes dans différentes banques.
Livret A et Livret Développement Durable (ex-CODEVI) sont parmi les offres de placement classiques sans risques les mieux rémunérées et les plus avantageuses fiscalement, mais elles ont des plafonds qui peuvent être contraignants (15 300 et 6000 euros respectivement). Alors quoi d’autre pour le particulier ?
Les super-livrets
Les livrets monétaires comme ceux de Cortal (Livret euro) et de ING direct (Livret Epargne Orange) ont été longtemps imbattables face aux offres bancaires classiques, PEL et CEL compris. Mais ils ont perdus de leur superbe depuis quelques mois.
Si vous ne les avez jamais utilisés, les offres de bienvenue sont attirantes, mais gardez en tête que ce sont des cadeaux de courte durée. Les offres promotionnelles pour les clients existants en l’échange de versements complémentaires se font rares en ce moment.
Les taux des super-livrets stagnent quelque peu en ce moment et suivent donc moins bien la tendance à la hausse des taux. Un seul livret par personne, calcul de la rémunération par quinzaine et il faut être majeur (pour les enfants, vous repasserez). En revanche, les plafonds de dépôt sont très élevés (6 chiffres !).
Certaines banques proposent des taux relativement avantageux sur les premiers euros, puis moindres au delà d’un certain seuil, comme chez AXA Banque par exemple (où ce seuil est de 20 000 euros). A vous donc de les utiliser au mieux de leur potentiel.
Livret A, le retour
Cette stagnation sur les super-livrets n’est sans doute pas étrangère à la nouvelle guerre commerciale du moment : l’élargissement de la distribution en France du Livret A à tous les établissements bancaires à partir de 2009.
Pour en profiter, bien sûr, vous ne devez pas déjà posséder un Livret A, sinon vous devrez le clôturer rapidement.
ING Direct ou Banque AGF par exemple proposent en ce moment des solutions relai : ouverture d’un livret sur-rémunéré à 7% (jusqu’au 31/12/08 pour ING et 31/01/09 pour AGF), puis transformation automatique en mars 2009 en Livret A, dont le taux actuel est de 4% net d’impôts. Difficile de trouver mieux en ce moment, sauf si vous êtes très peu ou pas du tout taxés à l’impôt sur le revenu.
Le plafond du Livret A reste certes de 15 300 €. On peut noter que l’offre de AGF double ce plafond tout en étendant la rémunération nette du Livret A au solde du livret Atout Avenir qui reste actif au delà du 31/3/09. Dans ces offres, l’ouverture du Livret A est bien sûr obligatoire, sinon vous perdrez le bénéfice de la sur-rémunération proposée, qui ne sera versée qu’au printemps 2009.
Les comptes à terme
Si vous acceptez de perdre un peu en liquidité (c’est-à -dire de bloquer vos fonds quelques temps), Cortal propose des comptes à terme sur 12 mois, appelés Garantie 12. Le taux proposé évolue chaque mardi et reste valable pour 7 jours (ce taux devient le taux fixe sur les 12 mois du placement retenu). C’est par exemple 4,92% brut cette semaine (environ 3,5% net si vous optez pour le prélèvement libératoire à la source). Le taux le plus haut que j’ai pu observer était de 5,01% brut fin juin dernier.
En cas de coup dur, vous pouvez quand même retirer les fonds avant l’échéance, en perdant une partie de la rémunération (cela vous ramène à peu près à la rémunération du Livret euro). Pour ma part, j’en ai pris plusieurs, de mois en mois, de façon à lisser les échéances et garder une bonne liquidité tout au long de l’année. Observez périodiquement l’évolution du taux proposé par Cortal même si vous ne prenez rien. Cela vous donnera une idée de la tendance des taux court terme.
ING en propose aussi mais sur 6 mois. La durée étant moindre, les taux proposés sont plus faibles (entre 4,3% et 4,6% bruts selon le montant investi).
Chez Cortal (livret euro ou compte à terme), attention, il y a des frais de tenue de compte semestriels de 12 euros, offerts en général la première année mais que Cortal n’oubliera pas de vous facturer ensuite ! Un moyen de les éviter : mettre en place un placement automatique sur livret de 50 euros par mois (”Cortal Progress”).
A propos des contraintes justement
Si vous utilisez des livrets, faîtes bien attention à la contrainte des quinzaines : vous êtes généralement rémunérés sur le solde le plus bas placé de façon continue du 1 au 15, puis du 16 au 31 du mois. Cela peut représenter une perte d’intérêts de 15 jours à 30 jours quand vous arbitrez vos placements entre 2 banques et utilisez votre compte-courant comme pivot (en retirant des fonds d’un livret vers le compte-courant, puis dans un second temps en alimentant le nouveau placement).
Tenez-en compte si vous décidez de profiter d’offres promotionnelles ponctuelles de courte durée, cela pourrait jouer en défaveur de certaines offres quand cela nécessite un transfert entre banques. Pensez aussi au délai d’ouverture des nouveaux comptes (comptez par sécurité 8 à 10 jours avant de disposer de vos numéros de compte et codes d’accès Internet).
Pour ma part, je fais toujours mes retraits les tous premiers jours du mois (ou le 16-17-18 du mois) puisque de toutes façons les intérêts de la quinzaine sont perdus, de façon à disposer des fonds suffisamment tôt pour réaliser un nouveau placement dans une autre banque avant le début de la quinzaine qui suit, jours de valeurs et “délai de route” (courrier pour les chèques) compris. Evitez à tout prix dans cette situation de faire vos retraits juste avant la fin de la quinzaine, vous risqueriez de perdre 30 jours d’intérêts (15 jours sur l’ancien placement et 15 jours sur le nouveau).
Enfin, détail amusant, sachez que lorsque vous validez un retrait (par virement) de fonds d’un super-livret sur Internet, on vous propose parfois à la volée une offre promotionnelle qui n’était pas visible avant de saisir ce virement. J’ai par exemple décroché en juin 2008 un compte à terme à 5% brut pour 3 mois sur 20 000 euros chez ING de cette façon, un des meilleurs taux proposés à l’époque. N’oubliez pas de réfléchir avant de cliquer et prenez le temps de refaire vos calculs avant de valider ces propositions (attention aux “placement d’impulsion”).
Dans tous les cas, panachez les risques de contrepartie en ne mettant pas tous vos placements, mêmes “sans risques”, dans le même établissement. Les banques françaises en cas de faillite, ne garantissent qu’un solde de 70 000 euros. Pire, si vous ouvrez des comptes dans des banques étrangères situées dans l’UE, c’est la garantie en vigueur dans ce pays qui s’applique. Pour Cortal, filiale de BNP-Paribas, c’est donc le plafond français. En revanche, c’est seulement 20 000 euros entre 20 000 et 38 000 euros selon la nature de l’investissement pour ING Direct dont la maison-mère est aux Pays-Bas (ah, ces petites lignes qu’on ne lit jamais).
Enfin, les banques s’adressant dans leur publicité à un public ayant des situations fiscales variées, elles communiquent presque toujours en taux bruts. Actuellement, si vous êtes imposés à l’IR à un taux marginal inférieur à 18%, ne vous précipitez pas sur l’option du prélèvement libératoire (29% = 18% + 11% de CSG/CRDS qui sont à payer dans toutes les situations fiscales). Cette option est à formuler en général lors de l’ouverture d’un placement, mais elle peut encore être changée avant le 31/12 de chaque année.
Résumé de mon expérience :
1. Profiter des promotions
2. Faire ses calculs et ne pas décider dans la précipitation, même en cas d’offre de dernière minute,
3. Ne pas avoir de scrupules à multiplier les comptes, cela contribue à diluer le risque de contrepartie
4. Toujours comparer les rémunérations en “net”. Net = après CSG/CRDS (11% à ce jour) + impôt sur le revenu (dépend de votre cas personnel) + éventuels frais de gestion ou tenue de compte.
5. Etre attentif aux délais (délai d’ouverture de compte, courrier,…) qui rognent la rémunération lors des arbitrages entre banques.
6. Avoir en tête son taux marginal d’imposition sur le revenu pour faire ses calculs.
7. Enfin, apprendre à optimiser le solde de son compte-courant puisqu’il n’est pas rémunéré !!!! Mais cela demande de l’attention et quelques marges de sécurité.
Que la rentrée 2008 vous permette au moins de maintenir votre pouvoir d’achat !
NB : Cet article est le reflet de mon expérience personnelle des offres sans risques aux particuliers en France, à la date de sa rédaction. Je ne prétends en aucun cas donner des conseils financiers professionnels.
Je vous invite donc à vérifier par vous-mêmes les conditions des offres évoquées, elle peuvent évoluer rapidement, être dépassées par d’autres offres que je ne connais pas ou devenir obsolètes du fait de l’évolution des marchés financiers. Les offres pour les entreprises sont spécifiques et il existe bien sûr d’autres offres aux particuliers que celles citées ici.

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